Lever des fonds

Comment lever des fonds pour financer votre startup ?

Lever des fonds n’est pas simple, mais souvent un passage obligé pour faire décoller un projet. Je suis passé par là, et j'ai eu envie de partager mon expérience.

Lever des fonds n’est pas chose aisée, mais souvent un passage obligé pour faire décoller un projet. Je suis passé par là, et j’ai eu envie de partager mon expérience du financement.

Toute entreprise qui lance un nouveau produit sur le marché se confronte à la question des moyens financiers qu’elle peut / doit investir. S’il n’est pas rare de pouvoir mettre un peu d’argent sur la table, dans la plupart des cas il faut « lever des fonds » pour que le projet voit le jour. Tel a été notre cas. Pour lancer Stopilo Planning, notre société – Passive Records – a décroché un financement de 200 000€. Une opération qui s’est conclue en quelques semaines à peine, car elle a été préparée et anticipée bien en amont. Devant le manque d’infos sur le sujet, j’ai voulu vous partager notre expérience.

Au commencement… Pourquoi lever des fonds ?

Et oui ! C’est bien la première question à se poser. Car de une, lever des millions en France n’est pas chose facile. Ça demande du temps et de l’énergie, qu’on consacre donc moins au projet lui-même. De deux, aussi entrepreneur soit-on, on ne se lève pas un matin en disant « Tu sais ce que je vais faire aujourd’hui chéri(e) ? Aller pêcher 200K€. »

Alors pourquoi avons-nous fait ce choix d’aller draguer des investisseurs ? La réponse tient en deux mots nous concernant : Stopilo Planning (lien home) ! Il y a un peu plus d’un an, nous décidons de nous lancer dans une nouvelle aventure : développer une application de planning qui simplifie la vie des dirigeants d’entreprise (lien article 1er outil de planning co-designé…).

Première étape : développer le produit. Une étape cruciale, que nous avons choisi d’auto-financer. La société a déjà cinq ans d’activité, et nous avons la capacité d’investir sur ce nouveau projet sans faire appel à des ressources extérieures. Top départ : pendant un an, toute l’équipe s’investit à 100% dans le développement du produit.

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Seconde étape : le produit est prêt, à présent il faut le vendre ! Et c’est là qu’une levée de fonds a pris tout son sens pour nous. Car nous avions besoin alors de ressources supplémentaires pour commercialiser notre application : marketing, publicité, communication… Des leviers indispensables pour se lancer sur le marché, mais qui coûtent bien chers…

C’est donc à cette étape clé du développement commercial que nous avons choisi de confier notre bébé à d’autres bras. Le projet n’en était plus au stade de l’idée. Il était bien concret, prêt à rencontrer son marché. Nous avions déjà parcouru une partie du chemin sur nos fonds propres. Il nous fallait trouver les financeurs qui nous permettraient de poursuivre notre route.

C’est dans l’anticipation que se trouve le salut

Léonard de Vinci disait : « Ne pas prévoir, c’est déjà gémir ». Cela nous semble particulièrement vrai pour l’exercice de la levée de fonds. Pour ne pas se retrouver à courir plusieurs lièvres à la fois et enchaîner les défaites, une seule recette : se préparer au maximum, et donc anticiper !

On dit souvent qu’une levée de fonds est une opération de séduction. C’est vrai. Il est donc crucial d’habiller la mariée. L’entreprise doit montrer de forts signes de traction : crédibilité du produit certes, mais aussi crédibilité financière de votre société.

Que le financement soit accordé par une banque privée, par la Banque Publique d’Investissement (BPI) ou par un fond d’investissement, les résultats financiers de la dernière année terminée vont être systématiquement observés.

D’où l’intérêt d’anticiper au maximum votre besoin en financement pour préparer un bilan comptable « On the Rock » ! Et pour cela, tous les moyens sont bons ! Deux conseils pour vous aider à sortir des bilans positifs et afficher du résultat :

  • traitez vos investissements préparatoires en immobilisations : R&D, développement, prototypage… (un article à lire à ce sujet ici)
  • valorisez votre travail préparatoire via le Crédit Impôts Recherche (toute les les infos ici) et/ou le Crédit Impôts Innovation (toutes les infos ici)
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Bien choisir la mariée… et le contrat de mariage !

Bien sûr, il faut vous présenter, ainsi que votre projet, sous le meilleur jour possible. Rassurer et convaincre ses potentiels partenaires financiers. Mais il est tout aussi essentiel de bien déterminer ce que vous êtes prêt à accepter, ou non, dans le cadre d’un financement :

  • partager le capital ?
  • payer des intérêts ?
  • être caution personnelle ?
  • devoir rendre des comptes ?
  • perdre une partie du contrôle de sa société ?

Dans notre cas, nous avons opté pour un prêt bancaire contracté conjointement auprès de la Banque Publique d’Investissement (BPI) et d’une banque privée. Grâce à des fonds européens et à la BPI, nous n’avons pas eu à engager de caution personnelle. Un point qui était essentiel pour moi, et donc un critère majeur pour le choix des partenaires financiers.

Ce qui ne nous empêche pas de rencontrer des investisseurs privés, avec lesquels nous aimerions travailler, notamment pour leur connaissance du domaine du digital. Et nous en profitons pour préparer dès aujourd’hui notre deuxième tour de financement. Toujours une question d’anticipation !

L’effet domino

Si vous autofinancez le plus possible, la BPI donnera. Si la BPI donne, la banque privée suivra… Et ainsi de suite. Il s’agit de pousser le premier domino pour espérer atteindre les objectifs de sa levée de fond.

Si votre dossier tient la route (business plan + bon bilan), attendez-vous donc à devoir équilibrer le financement entre les différents investisseurs

J’insiste aussi sur la nécessité de présenter aux financeurs ce que vous avez déjà produit pour éprouver et tester votre produit. Une maquette, un prototype, une étude approfondie… Donnez du concret à votre projet !

Aux USA où la levée de fonds est assez courante on appelle ça le « Minimum Viable Product », le produit minimum viable doit vous permettre de tester votre offre sur le marché, et ainsi vous donner toute crédibilité pour votre recherche de financement.

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Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras

Inutile (enfin je pense) de trop s’endetter… Tout est question de juste mesure. Cela dit, il est de bonne guerre de se montrer stratégique.

Voici la tactique que nous avons mise en place. Lorsque nous avons monté notre dossier de demande de financement auprès de la BPI et d’une banque privée, nous avons demandé une enveloppe bien plus grosse que nécessaire. Notre besoin était de 200 K€. Nous en avons demandé 300 K€. Un bon moyen de tester notre éligibilité au financement.

Pari réussi ! Nous avons eu un accord de principe sur le montant de 300 K€… que nous n’avons pas pris. En effet, quelques jours plus tard, nous sommes revenus vers nos interlocuteurs pour leur annoncer qu’après affinement de notre business plan, notre besoin se limitait en fait à 200 K€. Ce qui a été perçu par nos futurs investisseurs comme une preuve qu’ils avaient affaire à une entreprise responsable et bonne gestionnaire.

L’autre très gros intérêt de cette tactique : nous laisser d’intéressantes marges de manœuvre. Imaginez :

  • Si les 200 K€ s’avèrent finalement insuffisant, nous pourrons beaucoup plus facilement demander une rallonge de 100K€ ;
  • Si les 200 K€ suffisent, tant mieux ! On emprunte moins, on rembourse moins (et surtout moins d’intérêts) ;
  • Et en cas d’échec… 200 K€ à rembourser au lieu de 300 K€, ça change la donne.

Lever des financements… En conclusion

En gardant en tête quelques prérequis, il n’est pas insurmontable de trouver des financements. Une entreprise saine, un projet bien identifié et prototypé, et une enveloppe budgétaire en adéquation avec vos moyens et votre projet. Bien sûr, le business plan reste un indispensable mais ça, c’est un autre sujet. Enfin, soyez convaincant (et donc convaincu) quand vous présentez votre projet ! Bonne chance !!

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A propos de l'auteur

Nicolas Nicolas

Nicolas Delbeke

- Entrepreneur, Enthousiaste, Expert Tech

Entrepreneur dans l'âme et expert en culture digitale, Nicolas souhaite partager aux dirigeants débutants comme confirmés son expérience et ses réflexions pour une éthique du digital. Passionné du web, Nicolas dirige depuis 2014 Passive Records,… En savoir plus sur Nicolas

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